Les mythes fiscaux démystifiés
- Notre équipe
- 1 déc. 2025
- 3 min de lecture

C'est un excellent sujet. La fiscalité canadienne (et québécoise) est complexe, et les fausses croyances coûtent souvent cher aux contribuables.
Voici les mythes les plus tenaces, corrigés pour la réalité d'ici.
1. Le mythe du « Je ne veux pas faire d'heures sup', je vais changer de palier d'imposition et perdre de l'argent »
C'est le mythe numéro 1, et il est mathématiquement faux.
La croyance : Si je gagne 1 000 $ de plus, je saute dans une tranche d'imposition supérieure et tout mon salaire sera imposé plus cher, donc je vais gagner moins au net.
La réalité : Le système est progressif. Si vous changez de palier, seul le montant qui dépasse la limite est imposé au nouveau taux.
Exemple : Si le taux passe de 15 % à 20 % à partir de 50 000 $. Si vous gagnez 51 000 $, seul le 1 000 $excédentaire est taxé à 20 %. Vos premiers 50 000$ restent taxés à 15 %.
Conclusion : Gagner plus d'argent brut vous donne toujours plus d'argent net (sauf dans des cas rarissimes liés à la perte de certaines allocations sociales très spécifiques).
2. Le mythe du « retour d'impôt » comme cadeau du gouvernement
La croyance : « Yes ! J'ai reçu 2 000 $ du gouvernement, c'est de l'argent gratuit ! »
La réalité : Un remboursement d'impôt signifie que vous avez trop prêté d'argent sans intérêt au gouvernement toute l'année. On vous a prélevé trop d'impôt sur vos paies par rapport à ce que vous deviez réellement.
L'idéal financier : Un remboursement proche de 0 $. Cela veut dire que vous avez eu votre argent dans vos poches toute l'année pour le placer ou payer vos dettes.
3. Le mythe du conjoint de fait « optionnel »
La croyance : « On n'est pas mariés, donc je coche "Célibataire" pour garder mes allocations (TPS, allocations familiales, etc.). »
La réalité : C'est de la fraude fiscale. Au Canada et au Québec, le statut de conjoint de fait n'est pas un choix.
Dès que vous habitez ensemble depuis 12 mois (ou dès la naissance d'un enfant commun), vous devez vous déclarer conjoints de fait.
Le gouvernement croise les adresses. S'ils s'en rendent compte 3 ans plus tard, ils vous réclameront des milliers de dollars en crédits versés en trop (avec intérêts).
4. Le mythe des déductions du travailleur autonome
La croyance : « Je suis à mon compte, donc je mets mes vêtements, mon épicerie et mes déplacements domicile-bureau en dépenses pour baisser mon impôt. »
La réalité : Revenu Québec et l'ARC sont très stricts :
Vêtements : Non déductibles (sauf uniforme de sécurité ou costume de scène spécifique). Un complet-cravate ou une belle robe pour voir des clients, c'est une dépense personnelle.
Déplacements : Le trajet de la maison au lieu de travail principal n'est jamais déductible. Seuls les déplacements entre deux clients ou lieux d'affaires le sont.
Repas : Déductibles seulement si c'est pour un but d'affaires (rencontrer un client), et seulement à 50 %. Votre sandwich du midi en solo n'est pas déductible.
5. Le mythe des gains de loterie et cadeaux
La croyance (venant des films américains) : « Si je gagne à la loto ou si ma tante me donne 20 000 $, le fisc va en prendre la moitié. »
La réalité : Au Canada, les gains de loterie, les héritages et les cadeaux en argent ne sont pas imposables. Si vous gagnez 1 million à la 6/49, vous gardez 1 million.
Attention : Ce que vous faites avec l'argent (les intérêts qu'il génère une fois placé) sera imposable.
6. Le mythe du congé de maternité « net d'impôt »
La croyance : Les prestations du RQAP (Régime québécois d'assurance parentale) sont une aide sociale non imposable.
La réalité : C'est un revenu imposable qui remplace un salaire.
Le piège : Le prélèvement d'impôt à la source sur les chèques du RQAP est souvent insuffisant (environ 10-15 % par défaut). Beaucoup de nouveaux parents ont une très mauvaise surprise en avril en découvrant qu'ils doivent 1 000 $ou 2 000$ aux impôts alors qu'ils ont déjà des dépenses élevées avec le bébé.




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