Travailleurs autonomes au Québec : Démêler vos dépenses déductibles personnelles et professionnelles
- Notre équipe
- 26 janv.
- 3 min de lecture

Être son propre patron, c'est la liberté. Mais quand arrive la saison des impôts, cette liberté vient avec un fardeau administratif : déterminer ce qui est une dépense d'entreprise légitime et ce qui ne l'est pas.
La règle d'or fiscale est simple en théorie, mais complexe en pratique : Vous ne pouvez déduire que les dépenses engagées raisonnablement dans le but de gagner un revenu.
Si vous utilisez votre voiture, votre maison ou votre téléphone à la fois pour le travail et pour votre vie personnelle, vous entrez dans la zone grise des dépenses mixtes. Voici comment naviguer ces eaux troubles pour vos impôts de 2025.
1. Le bureau à domicile : La règle du prorata
C'est la déduction la plus populaire, mais aussi la plus surveillée. Si vous utilisez une pièce de votre maison ou de votre appartement pour travailler, vous pouvez déduire une partie de vos coûts d'habitation.
Le calcul : Vous devez établir le pourcentage de la superficie de votre domicile utilisée pour le travail.
Exemple : Votre bureau fait 150 pieds carrés et votre maison en fait 1500. Vous pouvez déduire 10 % de vos frais admissibles.
Ce qui est déductible (au prorata) :
L'électricité et le chauffage.
Les assurances habitation.
L'entretien et les réparations mineures.
Les impôts fonciers (taxes municipales et scolaires).
Les intérêts hypothécaires (mais JAMAIS le capital remboursé sur l'hypothèque).
Le loyer (si vous êtes locataire).
Attention : Pour que ce soit admissible, cet espace doit être votre principal lieu d'affaires (plus de 50 % du temps) ou servir exclusivement à rencontrer des clients de façon régulière. Travailler sur la table de cuisine pendant que les enfants mangent ne compte généralement pas comme un "espace bureau dédié".
2. Le véhicule : Le fameux registre kilométrique
Si vous utilisez votre voiture personnelle pour aller voir des clients, c'est déductible. Si vous l'utilisez pour aller faire l'épicerie, ça ne l'est pas.
Revenu Québec et l'ARC ne tolèrent pas les estimations floues (ex : « J'utilise mon auto à peu près à 50 % pour le travail »). Ils exigent une preuve.
L'obligation : Le registre (Logbook) Vous devez noter chaque déplacement professionnel : date, destination, motif et nombre de kilomètres. À la fin de l'année, vous comparez le kilométrage d'affaires au kilométrage total.
Dépenses admissibles : Essence, immatriculation, assurances, réparations, intérêts sur le prêt auto ou frais de location.
L'erreur à éviter : Le trajet entre votre domicile et votre lieu d'affaires principal (si vous louez un bureau ailleurs) est considéré comme du voyagement personnel, pas professionnel.
3. Repas et divertissements : La règle du 50 %
Vous invitez un client au restaurant pour discuter d'un contrat ? C'est une dépense d'affaires. Vous mangez un sandwich seul dans votre voiture entre deux mandats ? C'est une dépense personnelle.
La règle générale est que vous pouvez déduire 50 % de la facture pour les frais de repas et de représentation (boissons, billets de spectacle avec un client).
Conseil : Sur la facture, écrivez toujours au verso le nom du client rencontré et le sujet discuté. Si vous êtes audité dans 4 ans, vous ne vous souviendrez plus de ce dîner du mardi midi.
4. Téléphone et Internet : Soyez réalistes
C'est un point de friction fréquent.
Internet : Même si vous travaillez de la maison, il est peu probable que vous utilisiez Internet à 100 % pour le travail (Netflix, réseaux sociaux personnels, usage de la famille). Réclamer 50 % à 75 % est souvent jugé raisonnable, mais réclamer 100 % lève un drapeau rouge, sauf si vous avez une ligne dédiée distincte.
Cellulaire : Même logique. Si c'est votre seul téléphone, vous devez estimer la portion d'affaires.
5. Ce qui n'est PRESQUE JAMAIS déductible (Les mythes)
Il existe des légendes urbaines sur ce qu'on peut « passer dans les impôts ». Clarifions quelques points :
Vêtements : Non, votre complet cravate ou votre tailleur n'est pas déductible, même si vous ne le portez qu'au travail. Seuls les uniformes spécifiques ou vêtements de sécurité le sont.
Soins personnels : Coiffeur, maquillage ou gym ne sont pas déductibles, même si vous devez « bien paraître » pour vos clients (sauf cas rarissimes pour les artistes de scène).
Contraventions : Une amende pour excès de vitesse en allant voir un client n'est jamais déductible. C'est vous qui avez enfreint la loi, pas l'entreprise.
Conclusion : L'organisation est payante
En tant que travailleur autonome au Québec, vous devez payer les deux parts des cotisations sociales (RRQ, RQAP) et souvent cotiser au FSS (Fonds des services de santé). La facture fiscale monte vite.
Ne laissez pas de l'argent sur la table en oubliant des déductions, mais ne mettez pas votre entreprise en péril en inventant des dépenses. En cas de doute, la règle est simple : Si vous n'avez pas de facture, la dépense n'existe pas.




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